Walter Rodney

Militant de la cause noire, un historien et un homme politique guyanien

Né le 23 mars 1942 et mort assassiné le 13 juin 1980 à Georgetown, est un militant de la cause noire, un historien et un homme politique guyanien.

Une vie d’engagement anticolonialiste et panafricaniste

Singulier destin que celui de cet historien guyanien. Auteur d’ouvrages consacrés au continent africain, à l’esclavage et à la colonisation, il rêvait, pour son pays, d’une solidarité de classe qui aurait dépassé les divisions ethniques. les puissances coloniales, formaient le socle de son action combative.

Dans les rues en damier du centre-ville de Georgetown, la capitale du Guyana, un modeste mémorial rend hommage à l’historien et militant politique Walter Rodney (1942-1980). Sur le terre-plein central d’une avenue passante, des palmiers sont ceints de bandes vertes, jaunes et rouges, les couleurs nationales de ce petit pays anglophone d’Amérique du Sud. Une arche en fer forgé porte les initiales W.A.R., pour Walter Anthony Rodney.

Sur les piliers en béton, qui supportent la structure métallique, les titres de huit de ses livres ont été gravés. Comme si ses travaux, de l’histoire de l’esclavage à celle de la classe ouvrière guyanienne, en passant par l’exploitation des ressources du continent africain par les puissances coloniales.

En 2019, son nom est retiré des archives nationales

«How Europe underdevelopped Africa », aux éditions Bogle-l’Ouverture Publications Ltd

Comment l’Europe a sous-développé l’Afrique en 1972, avec un large succès. Bon nombre des problèmes que Rodney a soulevés et abordés dans son livre sont toujours d’actualité. Le fossé des inégalités entre l’Afrique et l’Occident s’est creusé, alors que la pauvreté en Afrique est pire aujourd’hui qu’il y a cinquante ans. Le temps n’a pas diminué les idées avancées dans le livre ni la puissance de l’argument.

Les thèmes développés

Les concepts de développement et de sous-développement.

Le développement n’est guère seulement économique.

Les facteurs responsables du sous-développement de l’Afrique.

Rodney n’a pas exonéré les Africains de leur responsabilité dans le développement de leur continent. Il accuse particulièrement la bourgeoisie africaine de complicité dans le malaise socio-économique de l’Afrique, un fait qui s’est intensifié à travers la corruption. Rodney note également que les divisions internes entre les différents groupes africains ont facilité l’exploitation étrangère.

Rodney rappelle que le sous-développement n’est pas un état naturel ou inévitable, mais plutôt le résultat d’un système économique et politique spécifique qui favorise les intérêts des puissances dominantes et opprime les peuples et les nations les plus faibles. Pour surmonter le sous-développement, il est nécessaire de mettre en place des politiques économiques et sociales justes et équitables, qui favorisent le développement durable et la justice sociale.

Pour Rodney, l’Afrique avait un potentiel de développement avant l’arrivée des Européens, mais que l’impact négatif de la traite des esclaves et des autres formes d’exploitation a sapé ce potentiel. Cependant, il souligne que l’Afrique a toujours la capacité de se développer et de réaliser son potentiel, à condition de briser les chaînes de l’exploitation et de l’oppression.






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